Journées du Patrimoine : Le Palais Royal : Ajouté le 16/9/2007 à 00:52
HISTOIRE DU PALAIS-ROYAL
Désireux de se rapprocher du Louvre où réside Louis XIII, le cardinal de Richelieu acquiert en 1624 l'hôtel d'Angennes-Rambouillet et de nombreuses maisons et parcelles avoisinantes entre les rues Saint-Honoré, des Bons-Enfants et les anciens remparts de Charles V. Dix ans plus tard, il charge l'architecte Jacques Lemercier d'édifier là un palais et Pierre Desgots d'en dessiner le jardin. Le cardinal meurt en 1642, après avoir légué le palais au roi, qui meurt à son tour, en 1643. La reine Anne d'Autriche, devenue régente, juge le Louvre incommode : elle s'installe, avec le jeune Louis XIV, dans le Palais-Cardinal, qui devient le Palais-Royal. Quand, après la Fronde, elle regagne Paris, c'est pour réintégrer le Louvre, qu'elle estime plus sûr alors. Le Palais-Royal, lui, accueille la veuve de Charles I" d'Angleterre, Henriette-Marie de France, qui, en 1661, marie sa fille à Philippe d'Orléans, dit « Monsieur ». Ce dernier, à cette occasion, se voit accorder par son frère Louis XIV la jouissance du palais, désormais résidence de la famille d'Orléans.
De ce premier palais ne sont plus visibles aujourd'hui que la galerie des Proues, avec, sur le mur est de l'actuelle cour d'honneur, un décor sculpté de rostres de navires et d'ancres de marine, ainsi que, au n° 6 de la rue de Valois, un superbe balcon qui, à l'époque, ouvrait directement sur le jardin. De 1750 à 1754, Louis Philippe d'Orléans fait construire par l'architecte Pierre Louis Moreau-Desproux de nouvelles façades pour les cours d'honneur et de l'Horloge (côté rue Saint-Honoré). Il confie aussi la complète rénovation des appartements de la duchesse d'Orléans, dans l'aile de Valois, à l'architecte Contant d'Ivry, qui, après l'incendie de l'Opéra que Richelieu avait fait bâtir à l'angle actuel des rues Saint-Honoré et de Valois, reprend la façade du palais côté jardin (Moreau-Desproux se charge du côté rue), crée un escalier monumental décoré par Jean-Jacques Caffieri et aménage les nouveaux appartements du prince.
Louis Philippe d'Orléans transmet ce palais profondément transformé à son fils, en 1780, sous certaines conditions, dont celle de maintenir ouverts au public le jardin et les cours. Louis Philippe Joseph, devenu à son tour duc d'Orléans, se trouve être à la fois fort riche et très endetté. Il se lance dans une opération immobilière de grande envergure en prélevant une large bande de terrain sur le pourtour du jardin, afin d'y bâtir soixante pavillons locatifs : ce sont les grands alignements rythmés par de hauts pilastres corinthiens, signés Victor Louis, qui délimitent de nos jours encore le jardin ; des boutiques réservées aux commerces de luxe occupent le rez-de-chaussée de ces immeubles. En 1793, bien qu'ayant voté la mort de son cousin le roi Louis XVI, le duc, dit alors Philippe Egalité, meurt sur l'échafaud, laissant inabouti son grand dessein.
Après la Révolution et l'Empire (qui tente vainement de trouver une autre affectation à l'édifice), Louis-Philippe, le fils de Philippe Égalité et futur roi des Français (1830-1848), reprend possession du palais familial et confie la responsabilité d'une nouvelle campagne de travaux à l'architecte Pierre François Léonard Fontaine. Les bâtiments entre la rue Saint-Honoré et le jardin sont réaménagés, la façade nord achevée. La galerie d'Orléans remplace les galeries de bois, provisoires, qui clôturaient au sud le quadrilatère projeté par Victor Louis (cette galerie sera détruite en 1933 : n'en subsistent que les péristyles). La révolution de 1848 entraîne le saccage du palais qui, de national redevient royal sous le Second Empire, hébergeant alors Jérôme de Westphalie, frère de Napoléon Ier, ainsi que son fils le prince Napoléon Bonaparte, tous deux soucieux de doter leurs appartements de nouveaux décors, sur les conseils de l'architecte Prosper Chabrol. Une ultime atteinte aux bâtiments est l'incendie de 1871, durant la Commune, qui détruit le pavillon de Valois et une partie de la façade de la cour de l'Horloge. Avec le XXe siècle vient le temps des restaurations, celui aussi de l'introduction de la création contemporaine, représentée dans la galerie d'Orléans par les deux Fontaine de Pol Bury (1985), dans la cour d'honneur, par Les Deux Plateaux de Daniel Buren (1986) et, dans le passage des Fontaines, par un Hommage à Malraux dû à Jean-Michel Alberola (1987-1992).
Depuis 1875, le Palais-Royal abrite dans sa partie centrale le Conseil d'État. Sous la Ve République, le Conseil constitutionnel succède à la Cour des comptes dans l'aile de Montpensier et, en 1959, le ministère des Affaires culturelles, à la direction générale des Beaux-Arts, dans la partie nord de l'aile de Valois. Les façades et toitures du Palais-Royal sont classées monuments historiques.

Vue cavalière du Palais-Royal, par La Boissière (1679), montrant le palais tel qu'il devait être au temps de Richelieu.
LE MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION
Créé sous la Ve République, avec pour mission « de rendre accessibles les œuvres capitales de l'humanité, et d'abord de la France, au plus grand nombre possible de Français, d'assurer la plus vaste audience à notre patrimoine culturel, et de favoriser la création des oeuvres de l'art et de l'esprit qui l'enrichissent », le ministère de la Culture est l'héritier d'une longue tradition française d'intervention de l'État dans la vie culturelle du pays. L'action du pouvoir royal, depuis longtemps bâtisseur, collectionneur, mécène, fut ainsi particulièrement marquante au cours du XVII ème siècle : l'Académie française est fondée en 1635, les manufactures des Gobelins et de Beauvais, où naîtront tant de chefs-d'œuvre de la tapisserie, en 1662 et 1664, l'Opéra en 1669, la Comédie-Française en 1680.
En transférant les biens de la Couronne et ceux de l'Église à la nation, la Révolution entreprend bientôt une grande politique d'archivage et de conservation. Dès 1790 sont fondées les Archives nationales et, en 1796, les archives départementales. La III ème République met en place de nombreuses structures et procédures administratives et réglementaires concernant les beaux-arts et les monuments historiques. La IVe République, quant à elle, se soucie de l'accès pour tous à la culture : protection et diffusion du patrimoine, lecture publique, spectacles, décentralisation et animation culturelle, action qui se voit amplifiée et structurée par la Ve République avec la création d'un ministère spécifique, en 1959.
Aujourd'hui, aux termes d'un décret du 15 mai 2002, le ministère de la Culture et de la Communication, qui a toujours pour mission l'accessibilité du plus grand nombre aux « œuvres capitales de l'humanité et d'abord de la France », conduit la politique de sauvegarde, de protection et de mise en valeur du patrimoine culturel dans toutes ses composantes, favorise la création des oeuvres d'art et de l'esprit et le développement des pratiques culturelles, met en oeuvre, avec les autres ministères intéressés, les actions de l'État destinées à assurer le rayonnement international de la culture et de la création artistique françaises et de la francophonie. Dans le domaine des médias, il veille au développement et à la diffusion des programmes éducatifs par les sociétés nationales de programmation et les autres entreprises de communication audiovisuelles, participe à l'élaboration et à la mise en oeuvre de la politique du gouvernement concernant les technologies, les supports et les réseaux utilisés par les services de la communication.
Le ministère réunit plusieurs directions (administration générale, archives de France, architecture et patrimoine, musées de France, musique, danse, théâtre et spectacles, livre et lecture), délégations (développement et affaires internationales, arts plastiques, langue française et langues de France), départements et services rattachés ou déconcentrés (directions régionales des affaires culturelles, services départementaux de l'architecture et du patrimoine). Il exerce aussi sa tutelle sur divers établissements publics, dont le Centre des monuments nationaux.
VISITE DU MINISTERE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION
1- Hall d'accueil : conçu et aménagé par Patrick et Daniel Rubin-Agence Canal; fresque de Mino. Stèle et vase étrusque, stèle et amphore étrusque, stèle et calice étrusque de Jean-Pierre Raynaud (1985).
2- Cage d'escalier : appliques d'Elisabeth Garouste et Mattia Bonetti ; au pied de l'escalier, console de Diego Giacometti et objet décoratif d'Hervé Walhen (dinanderie de cuivre, patine avec dorure à la feuille d'or).
3- Entrée - Ier étage : Ménine en bronze de ManoloValdès « Infanta Margarita ».
4-Antichambre : décor peint de Pierre Alechinsky (1985) ; canapés et fauteuils d'après Le Corbusier (1925) ; tapis d'Alechinsky, Savonnerie tissé spécialement pour l'antichambre.
5- Salon Jérôme : ancienne chambre de parade du duc et de la duchesse d'Orléans puis chambre mortuaire du roi Jérôme ; aux tympans des arcades, le monogramme NJB (Napoléon Jérôme Bonaparte) alterne avec l'aigle impériale. Décor de trophées militaires ; tapis de la Savonnerie d'époque Empire ; sur la cheminée, buste du roi Jérôme ; bustes antiques sur gaine; torchères d'époque Empire provenant de la salle du Trône des Tuileries (1809) ; sièges d'époque Empire provenant de Saint-Cloud ; guéridon d'époque Louis-Philippe en loupe d'amboine ; lustre d'époque Empire ; portrait du roi Jérôme de Westphalie par François-Joseph Kinson.
6- Bureau du ministre : décor attribué à Fontaine, avec remploi de nombreux éléments d'époque Louis XVI ; bureau, fauteuils, consoles, bancs en érable, commandés aux architectes Philippe Chaix et Jean-Paul Morel ; lampe en bronze patiné noir d'Hervé Van der Straeten ; paire de lampes et lampadaire en bronze doré d'Arbus, tapis tufté de Philippe Chaix ; sur une console, portrait, par Edouard Joseph Dantan, de Gustave Larroumet (1852-1903), directeur des Beaux-Arts, dans son cabinet de travail ; lustre de Claude Galle, bronzier de Napoléon Ier, provenant des résidences impériales.
 Plan général du Palais-Royal, par La Boissière (1679), montrant la nouvelle disposition du jardin conçue par Le Nôtre.
7- Bureau du directeur du cabinet : décor de Fontaine, fait de remplois d'éléments du XVIII ème siècle, avec médaillon figurant la déesse Diane et panneaux rectangulaires montrant les allégories de la Force, de la Vigilance, de la Prudence et de la Connaissance ; plafond du XIXe siècle ; pendule d'époque Empire. Bureau et guéridon de Ruhlmann ; meuble d'appui d'époque Art Déco ; tapis de Paule Leleu ; trois fauteuils en cuir de Pfister ; table de réunion contemporaine de Fantoni ; série de chaises Victoria Ghost de Philippe Starck ; deux lampes en métal laitonné or de Jean Perzel. Petite bibliothèque en acajou d'époque Empire.
8- Grand salon : grand salon de réception de l'appartement de Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe, qui, devenu salle des séances plénières de la Cour de cassation entre 1871 et 1875, a été divisé en bureaux en 1959 puis restauré en 1989, d'après une gravure aquarellée de Fontaine ; corniche et éléments architecturaux de Contant d'Ivry ; pliants de bois peint d'époque Empire, éléments du mobilier commandé à Jacob-Desmalter pour Joachim Murât au palais de l'Elysée ; lustres d'époque Restauration, en bronze doré et cristaux de Bohême à 24 lumières, provenant des Tuileries ; candélabres d'époque Empire, en bronze ciselé doré et oxydé, aux socles ornés de bas-reliefs ciselés représentant les Arts, venant du palais de Saint-Cloud ; pendule d'époque Empire, en bronze oxydé et doré, avec base en marbre griotte, cadran signé Lamiral, provenant du palais de Compiègne. Sur les consoles, luminaires en ébène de macassar et verre sablé, par Studio-Naço.



LE CONSEIL D'ETATS
Au Moyen Âge déjà, les rois de France avaient leur Conseil. Au XVIIe siècle, Louis XIV organise le sien en lui donnant des fonctions qui préfigurent en partie celles de l'actuel Conseil d'État. Les maîtres des requêtes portent auprès du roi les affaires administratives et juridiques : le monarque délibère alors avec les conseillers d'Etat, puis tranche. Née de la Révolution, l'Assemblée constituante veille à ce qu'une juridiction particulière puisse juger de l'action de la puissance publique : ce sera le Conseil d'État, tel qu'il existe aujourd'hui, institué sous le Consulat par l'article 52 de la Constitution de l'an VIII (1799).
Composé de près de trois cents membres, le Conseil d'État a une double mission, de conseil et juridique.
Dans son rôle de conseil du gouvernement, il examine les projets de lois, d'ordonnances et de décrets avant qu'ils ne soient présentés au Conseil des ministres. Il émet des avis (consultatifs) sur la régularité juridique et l'opportunité administrative de ces textes. Quatre sections (intérieur, finances, travaux publics, social) se partagent ce travail.
Dans son rôle de plus haute juridiction administrative, le Conseil arbitre les litiges entre les particuliers et les administrations (section du contentieux). Il est aussi le juge de cassation des arrêts des cours administratives d'appel et des juridictions administratives spécialisées.
Le Conseil d'État abrite aussi le tribunal des conflits, chargé de régler les problèmes d'attribution entre les juridictions administratives et judiciaires. Il réalise enfin, de son propre chef ou à la demande du Premier ministre, des études de caractère général et remet chaque année au président de la République un rapport annuel où sont notamment proposées les réformes d'ordre législatif, réglementaire ou administratif qu'il juge nécessaires.
Présidé, à titre honorifique, par le chef du gouvernement, mais dirigé de fait par un vice-président, le Conseil d'État a compté parmi ses membres nombre de personnalités éminentes : Jean-Jacques Régis de Cambacérès, Georges Cuvier, Stendhal, Léon Blum, René Cassin, Alexandre Parodi et, plus près de nous, Georges Pompidou et Michel Debré. Il occupe la partie centrale du Palais-Royal, constamment remaniée jusqu'à la III ème République, là où se trouvaient à l'origine les appartements du cardinal de Richelieu.
VISITE DU CONSEIL D'ÉTAT
9- Salle de la section des finances : les vantaux des portes et le plafond à arabesques sont attribués à Contant d'Ivry; salle restaurée en 1990.
10- Salle du tribunal des conflits : ancienne salle à manger de la duchesse d'Orléans, aménagée par Contant d'Ivry en 1765; médaillons en camaïeu illustrant les quatre saisons et panneaux allégoriques figurant les quatre éléments, attribués à Pierre Antoine Demachy; plafond en trompe l'œil, par Dieterle (1852), portant le monogramme NJB (Napoléon Jérôme Bonaparte) ; au-dessus de la cheminée, Allégorie du Droit, par Henri Léopold Lévy.
11- Salon des trophées ou salle René Cassin : bas-relief aux trophées d'armes antiques datant de l'aménagement par Fontaine (1815); Installation du Conseil d'État au palais du Luxembourg, par Auguste Couder.
12- Salle des pas perdus : deux tapisseries de l'Histoire de Moïse, d'après Nicolas Poussin et Charles Le Brun (manufacture royale des Gobelins), XVII ème siècle ; Napoléon visitant le Palais-Royal, par Merry Joseph Blondel (1834); portrait d'Anne d'Autriche, de l'atelier de Philippe de Champaigne.
13- Grand escalier d'honneur : réalisé par Contant d'Ivry à partir de 1765, il donnait accès aux appartements de la duchesse d'Orléans; rampe de fer forgé par Corbin, sur des dessins de Caffieri; perspectives de Demachy, animées de personnages d'Hugues Taraval.
14-Antichambre du contentieux.
15- Salle du contentieux : construite par Chabrol (1875); toile d'Albert Girard représentant le palais d'Orsay, siège précédent du Conseil d'État, incendié sous la Commune; Le Droit, par Benjamin Ulmann.
16- Antichambre du vice-président.
17- Bureau du vice-président : ancien salon des aides de camp; tapis de la Savonnerie d'époque Empire, exécuté sur les dessins de Charles Percier, provenant de la salle du Trône des Tuileries; tapisserie de l'Histoire d'Artémise, Le Couronnement du jeune roi, d'après Antoine Caron (manufacture de La Planche, Paris), début du XVIIe siècle; meuble d'appui d'époque Empire, en loupe d'orme, provenant du palais de l'Elysée puis des Tuileries; console d'époque Empire, en loupe de frêne, provenant des Tuileries; candélabres d'époque Empire, provenant du palais de l'Elysée.
18- Salle de la section sociale : cette salle et la suivante occupent l'emplacement de l'ancienne « galerie des batailles », vaste salle des appartements d'honneur.
19- Salle de la section des travaux publics.
20- Couloir cental : situé au milieu de la façade de la cour de l'Horloge, il donne sur le palais du Louvre ; toiles de Jean-Francis Aubertin. Espaces restaurés en 1998.
21- Salle de la section de l'intérieur : ancienne salle du trône de Louis-Philippe puis « salon de la fontaine » du prince Napoléon ; cheminée monumentale de Klagmann ; portrait de Cambacérès, deuxième consul ; sur la cheminée, buste de Bigot de Préameneu, l'un des rédacteurs du Code civil ; tapisseries des Gobelins du xvue siècle.
22- Salle d'assemblée générale : construite en 1875 par Chabrol sur l'emplacement d'une chapelle; frise sculptée deThabard, avec, dus à Jules Élie Delaunay, douze médaillons en camaïeu bleu sur fond d'or figurant les allégories des différents départements ministériels des premières années de la IIIe République; au mur, quatre toiles d'Henri Martin, L'Agriculture, Le Commerce, L'Industrie, LeTravail intellectuel (1920).
23- Salle Pierre Laroque : un passage secret mène à la salle d'assemblée générale;sur la cheminée, buste de Portalis, autre rédacteur du Code civil.
24- Bibliothèque : ancienne salle de bal; créée en l'an VIII par ordre de Bonaparte, formée initialement par les saisies révolutionnaires opérées chez les émigrés, incendiée par les insurgés de la Commune, reconstituée après 1871 grâce à des dons, legs et acquisitions, la bibliothèque compte près de 60 000 volumes; restaurée en 1997, elle fut alors réorganisée et équipée d'un matériel informatique permettant la consultation des nouveaux supports et réseaux numériques.
LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL
Le Conseil constitutionnel est une institution, née de la Constitution de 1958 qui comprend neuf membres nommés (trois le sont par le Président de la République, trois par le Président de l'Assemblée nationale, et trois par le Président du Sénat), auxquels s'ajoutent, en tant que membres de droit, les anciens Présidents de la République. Les membres nommés, renouvelés par tiers tous les trois ans, exercent un mandat unique de neuf ans. Le Président du Conseil Constitutionnel est nommé, parmi les membres par le Président de la République. Sa voix est prépondérante en cas de partage égal des voix. L'actuel Président du Conseil constitutionnel est Monsieur Jean-Louis Debré.
Le Conseil constitutionnel juge de la conformité des nouvelles lois à la Constitution. Le contrôle de constitutionnalité revêt un caractère obligatoire, d'une part pour les règlements des assemblées parlementaires, d'autre part pour les lois organiques. En dehors de ces deux cas, le contrôle de constitutionnalité revêt un caractère facultatif pour les lois ordinaires et les traités. Les normes de référence du contrôle comprennent le texte des articles de la Constitution de 1958 et son préambule. Ce dernier renvoie à la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 ainsi qu'au préambule de la Constitution de 1946.
Le Conseil constitutionnel veille également, dans ce cadre, au respect du partage des compétences entre matières législatives et réglementaires.
Les lois, après leur vote et avant leur promulgation, peuvent être déférées au Conseil Constitutionnel à l'initiative, soit de l'une des quatre plus hautes autorités de l'État (Chef de l'État, Premier ministre, Président de chaque assemblée), soit de soixante députés ou de soixante sénateurs. Le Conseil doit se prononcer dans un délai d'un mois et même, en cas d'urgence, dans un délai réduit à huit jours.
Sa décision n'est susceptible d'aucun recours et s'impose aux pouvoirs publics comme à toute autorité administrative et juridictionnelle. L'article 62 de la Constitution précise qu'une disposition déclarée inconstitutionnelle ne peut être promulguée, ni mise en application.
Le Conseil constitutionnel est également juge électoral. En effet, il contrôle la régularité des grandes consultations électorales et référendaires. Il est juge de l'élection des députés et des sénateurs.
Le Conseil constitutionnel occupe l'aile de Montpensier du Palais-Royal où, depuis la chute du Second Empire, se sont succédés le ministère des Colonies, la direction des Beaux-Arts, la Cour des comptes, l'Institution de coopération intellectuelle (1919) et le Conseil économique et social (1946).
 VISITE DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
26- Grand salon : actuellement salle de réception : à la suite de l'incendie du 24 février 1848, la décoration intérieure est choisie par la princesse Marie Clotilde de Savoie, épouse (1859) du prince Jérôme Napoléon (fils du Roi Jérôme deWesphalie). En haut, face à face : deux médaillons sculptés représentant l'un l'aigle impérial, l'autre Napoléon III et l'Impératrice Eugénie - table à gibier style Louis XVI en bois doré - vue sur l'ancienne antichambre devenue salle à manger - fauteuils d'époque Napoléon III - deux tapisseries de Beauvais (XVIII ème siècle d'après Francesco Casanova) : amusements de campagne, la pêche aux filets et l'abreuvoir - exemplaire d'un bureau de campagne en acajou blond offert par Napoléon Ier à ses maréchaux, il servait à lire les cartes d'état major.
27- Petit salon : Albin, buste de l'époque d'Hadrien, cuirassé en marbre rouge et tête en marbre blanc (entrée au Louvre en 1863 avec la collection Campana) - deux biscuits de Sèvres (1966) : Montesquieu 1784 par Clodion et le Chancelier d'Aguesseau 1783 par Berruer - pendule d'époque Directoire - deux peintures de Léopold Leprince et deux peintures de Jean-Baptiste Corot- candélabres de l'époque directoire.
28- Salle des séances : ancien salon de travail de la princesse Marie-Clotilde de Savoie, fille du roi Victor Emmanuel II - décor peint en 1860 - pendule d'époque Empire en bronze doré.
29- Salon d'angle : bureau du Président du Conseil constitutionnel ; ancienne chambre de la Princesse Marie Clotilde de Savoie - bureau d'époque Empire - mobilier d'époque Consulat - bureau à cylindres Directoire - Portrait par Riesener (1810-fils de l'ébéniste) représentant Madame Sallandrouze de Lamorlaix et son fils : Mr Sallandrouze de Lamorlaix fonda en 1800 à Aubusson un important établissement de fabrication de tapis.
30- Antichambre : meuble cylindrique réalisé par les ateliers du Mobilier national pour le bureau de Maurice Druon, ministre de la Culture (1973-1974).
31 - Oratoire de la princesse Marie Clotilde de Savoie : de Chabrol, architecte, Denuelle pour le décor - copie d'une Vierge à l'enfant (du Musée Vivenel à Compiègne).
32- Du couloir, vue sur l'antichambre du salon de travail de la princesse Marie Clotilde de Savoie -Tableau d'Albert André Bord de Seine - photographies des anciens Présidents du Conseil constitutionnel.
33- Salle à manger : anciennement antichambre : sur la table Louis Philippe en acajou verni, soupière en porcelaine de Sèvres - parquet en assemblage de marqueterie dit point de Hongrie épargné lors de l'incendie de 1871 - décor plafonnier aux grecques et rosaces.
34- Grand escalier d'honneur : par l'architecte Fontaine (1830). En haut de l'escalier, statue de Junon diadémée en marbre de Paros - globe terrestre : socle en bois noirci, laiton et papier imprimé de Fernand Pouillon (1985). Sur le palier intermédiaire : buste de la déesse Rome casquée, en marbre de Paros provenant du château de Richelieu, entré au Louvre en 1802, sur le casque : la louve allaitant Romulus et Rémus - lustre de Claude-François Lalanne (1990) - deux banquettes de style Empire.
35- Entrée : au fronton de la porte d'entrée, sphynx sculpté par Appelés Fenosa (1973).
LE JARDIN DU PALAIS-ROYAL
Rien ne subsiste du jardin d'origine dessiné par Pierre Desgots pour Richelieu. On sait qu'il mesurait 350 mètres sur 150, s'ornait de six parterres de broderie, de bassins alimentés en eau de Seine par la pompe de la Samaritaine, de statues, et qu'il était bordé d'alignements de marronniers et de charmes. Enserrant ce jardin, une bande de terrain avait été divisée en lots constructibles, à la condition expresse - qui sera peu respectée - qu'aucune fenêtre n'ouvre sur le jardin, les maisons étant accessibles par les voies alors créées (les actuelles rues de Richelieu, des Petits-Champs et des Bons-Enfants). Anne d'Autriche aimait à se promener, sous les arbres de ce jardin et à suivre l'éducation sportive du dauphin et de son jeune frère pour lesquels avaient été aménagés un fort miniature avec ses bastions, une piste à courir la dague et un jeu de mail.
 Les arbres devenus envahissants, le jardin, à compter de 1674, est redessiné et replanté par André Le Nôtre. Fermé à la police royale, il devient peu à peu un lieu à la mode : on peut y parler politique à son aise, et les nouvellistes y viennent puiser les bruits à colporter.

En 1730, Louis d'Orléans, le fils du Régent, fait procéder à une nouvelle rénovation, par Claude Desgots, architecte du roi et neveu de Le Nôtre. Dans un souci « d'assainissement moral » tout autant qu'esthétique, les couverts sombres et les bosquets secrets sont abattus, et, pour masquer les abords disparates, l'on installe un grand décor de treillages - qui fera fureur le siècle durant. Pour la première fois, les gazons connaissent l'arrosage à la lance, tout juste inventé. On peut louer des chaises, consommer au café de Foy (situé à l'emplacement du n° 46 de l'actuelle rue de Richelieu), qui déborde sur le jardin : la terrasse de café vient de naître. Jusqu'en 1781, un arbre dit « de Cracovie » (d'après le mot « craque », mensonge) sert de point de rencontre aux nouvellistes.

Sous Louis Philippe d'Orléans, le Palais-Royal s'endort, que ranime son fils Louis Philippe Joseph, qui entreprend de rentabiliser le domaine en le lotissant en partie. Il fait bâtir par Victor Louis un ensemble de pavillons uniformes d'architecture palatine, formant un nouvel enclos ceinturé de trois nouvelles rues qui prennent les noms de fiefs du duc d'Orléans : Montpensier, Beaujolais et Valois.
En 1784, les côtés nord, est et ouest sur jardin sont achevés, mais le manque d'argent contraint le duc à fermer le côté sud, entre le jardin et la cour d'honneur du palais, par une simple galerie de bois. Quatre doubles rangées d'ormes sont plantées, qui entourent quatre kiosques et un cirque couvert, vaste salle à demi enterrée avec mezzanines ouvrant sur le jardin par de larges baies encadrées de treillis, où le duc pensait organiser des courses de chevaux; un incendie, en 1798, sera fatal à l'édifice, regardé en son temps comme « le plus gracieux qui existe à Paris ».

En 1786, le Sieur Rousseau, horloger au 95 galerie de Beaujolais, offre aux passants un petit canon qui leur indique l'heure en tonnant chaque midi. Une loupe était censée provoquer la mise à feu d'une mèche les jours de soleil. Cette légende y était gravée : « HORAS NON NUMERO NISI SERENAS » soit « JE NE COMPTE QUE LES HEURES HEUREUSES ». Par la loi du 15 mars 1891, l'heure indiquée par le canon du Palais-Royal est étendue à toute la France. Cependant le canon dut se taire en application de la loi du 9 mars 1911 qui imposait à la France l'heure « temps moyen » de Greenwich. Volé en 1998, il a été reconstitué et remis en place en 2002.
En cette fin du XVIII ème siècle, le jardin du Palais-Royal est plus que jamais à la mode. Cafés, restaurants, théâtres et spectacles divers, clubs politiques, salles de jeux et aussi « demoiselles » attirent une foule variée. En 1789, l'animation de ce « cœur battant de Paris » est extrême : appel du 12 juillet de Camille Desmoulins, autodafés de journaux royalistes, incendie d'un mannequin du pape, manifestations populaires, rixes...
Louis Philippe Joseph d'Orléans devenu Philippe Égalité, le palais porte le nom de Palais-Égalité et le jardin, celui de jardin de la Révolution - ce qui n'empêchera pas le duc d'être condamné à la guillotine.
En 1814, son fils Louis-Philippe se fixe au palais. L'architecte Fontaine redessine le jardin, avec son bassin central et ses parterres, qui prend ainsi l'aspect général qu'on lui connaît aujourd'hui. Peu à peu, les enseignes disparaissent. Les tripots ferment en 1836. Des photos d'Atget de 1913 montrent un jardin un peu délaissé, en dépit de la présence du célèbre monument à Victor Hugo. En 1933, un projet de voirie vient même menacer son existence.
Dans les années 1970, les ormes malades sont remplacés par quatre doubles rangées de tilleuls, mais ce n'est qu'en 1992 qu'un programme d'ensemble, confié au paysagiste John Mark Rudkin, permet une véritable réhabilitation du jardin. Grâce au soutien financier de LVMH, les parterres sont entièrement réaménagés, dans un jeu de formes, de matériaux et de couleurs rappelant les jardins du XVIII ème siècle, avec, notamment, la création de deux « salons de verdure », la plantation de fleurs annuelles et la disposition d'arbustes en caisses autour des parterres.
Le jardin du Palais-Royal, classé monument historique depuis 1994, est un domaine national affecté au ministère de la Culture et de la Communication et administré par le Centre des monuments nationaux. Il a reçu en 2005 le label « jardin remarquable ».
LA COMEDIE-FRANÇAISE
Richelieu avait fait aménager un Opéra dans son palais, à l'angle des actuelles rues Saint-Honoré et de Valois. Le bâtiment sera victime de deux incendies, le premier en 1763, le second en 1781. À la suite de ce dernier, Louis Philippe Joseph d'Orléans confie à Victor Louis - l'architecte qu'il a chargé d'édifier les trois ailes de pavillons locatifs qui, depuis, clôturent le jardin - la construction d'une nouvelle salle, à l'angle, cette fois, de notre rue de Richelieu. Ce nouvel Opéra devient en 1790 le théâtre des Variétés-Amusantes puis, en 1791, le théâtre de la République - avec une troupe conduite par le fameux Talma. Ce n'est qu'en 1799 que la société des comédiens-français entre en possession de la salle, restaurée pour l'occasion. Elle le sera plusieurs fois encore au XIXe siècle, notamment de 1860 à 1864 : c'est alors que, derrière une nouvelle façade dressée sur l'actuelle place Colette, sont élevés l'escalier d'honneur et le foyer public. Le 8 mars 1900, un incendie ravage la salle, mais la structure métallique du bâtiment résiste. Les rénovations sont tout aussi nombreuses au XXe siècle - en 1900, donc, puis en 1935, de 1974 à 1976 et en 1994. Pour un meilleur confort des spectateurs, le nombre des places est ramené progressivement de 2000 à 896. En 2004, le péristyle est à son tour restauré et les dessous de scène entièrement repris.
LE PALAIS-ROYAL EN TRAVAUX
Depuis plus de dix ans, l'État a entrepris une campagne de restauration du palais. À l'extérieur, les travaux au Conseil d'État ont porté sur la réfection des toitures (endommagées notamment par la tempête de décembre 1999), sur les façades de la cour d'honneur (reprise des menuiseries, qui ont retrouvé leur couleur d'origine du XVIIe siècle) et de la cour de l'Horloge, comme du porche d'entrée de la rue Saint-Honoré (nettoyage, rejointoyage, restauration des sculptures de Pajou), sur les péristyles de Chartres et de Valois et sur une partie de la galerie d'Orléans, et se poursuivent sur les façades de la rue de Montpensier, où le ravalement de celles du Conseil constitutionel s'est achevé en 2006. De même ont été nettoyées les façades de la Comédie-Française donnant sur les places Malraux et Colette. La restauration des façades des immeubles de Victor Louis sur la rue de Valois est prévue pour les années 2007-2008, les réfections des façades côté cour d'honneur débuteront en 2009, suivies par celles des galeries, de part et d'autre des Fontaine de Bury. À l'intérieur, d'importants travaux ont été réalisés dans les salles affectées au Conseil d'État (salon des trophées, salle Pierre Laroque, bibliothèque, salle d'assemblée générale, bureau du vice-président, ancienne salle du trône de Louis-Philippe), en vue, tout à la fois, de dissimuler les équipements techniques nécessaires à l'utilisation des lieux (chauffage, câblages divers) et de restituer le décor (lambris, parquets, tapisseries murales, peintures, dorures) dans son état bien documenté de la fin du XIXe siècle. À la Comédie-Française, c'est la redistribution des sous-sols qui vient d'être entreprise.

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