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Interview de Patrick Devedjian

Interview de Patrick Devedjian

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: Ajouté le 23/8/2007 à 22:56

Devedjian: "Sarkozy fait descendre l’État de son piédestal"


 

Propos recueillis par Judith Waintraub sur le Figaro.

Publié le 23 août 2007.

 

Dans un entretien au Figaro, le secrétaire général délégué de l'UMP estime que lÂ’ouverture est une réponse à un éventuel rapprochement PS-MoDem.

 

http://l.ha.free.fr/blog/23-08-2007/Devedjian.jpg

LE FIGARO.

 

Alors que la croissance patine, la réduction du nombre de fonctionnaires est inférieure aux promesses du candidat Sarkozy. Faut-il attendre que l’économie reparte pour sÂ’attaquer aux réformes structurelles? 

 

PATRICK DEVEDJIAN.

 

Non, même s’il est évidemment plus facile de réformer quand l’économie va mieux. Dans un contexte international défavorable, la France souffre davantage que certains de ses voisins parce ses PME sont trop petites et pas assez nombreuses. C’est notre problème majeur, et le gouvernement s’y attaque. En même temps, nous devons nous organiser pour profiter de la croissance quand elle reviendra. La réduction du nombre de fonctionnaires n’est pas un objectif en soi. C’est la conséquence d’une politique de rationalisation de la fonction publique qui demande un travail de fond plus que des effets d’annonce. Dans ce domaine, le bruit ne fait pas de bien, et le bien ne fait pas de bruit.

 

La censure de la déduction fiscale sur les emprunts immobiliers par le Conseil constitutionnel est-elle une décision politique ou juridique?

 

C’est en tout cas une première: jamais le Conseil constitutionnel n’avait affirmé la non-rétroactivité de la loi fiscale! En particulier pas en 1984, quand le gouvernement Fabius avait supprimé la déduction sur les emprunts immobiliers.

 

L’UMP a prévu d’ouvrir à la rentrée un chantier institutionnel. Quel est votre calendrier?

 

Les fédérations travaillent déjà sur le sujet. Le 4 octobre – jour anniversaire de la Constitution de la Ve République –, nous réunirons une convention pour analyser et trier les contributions de nos militants. Le débat recommencera et, en décembre, une deuxième convention nous permettra dÂ’adopter définitivement nos propositions. Elles concerneront en particulier la revalorisation du Parlement. 

 

Comment s’articuleront-elles avec le travail du groupe UMP de l’Assemblée et de la commission Balladur?

 

LÂ’UMP sera entendue par cette commission, comme tous les partis. LÂ’audition devrait avoir lieu le 10 octobre, après notre convention. Quant aux propositions des groupes UMP, de lÂ’Assemblée et du Sénat, qui concernent le fonctionnement du Parlement, elles ont vocation à sÂ’intégrer dans celles de notre mouvement. 

 

Avec un président présent sur tous les fronts, une réforme est-elle encore nécessaire?

 

Le style et lÂ’action de Nicolas Sarkozy contribuent beaucoup, cÂ’est vrai, à moderniser nos institutions et à les rendre plus simples et plus transparentes. Il fait descendre l’État de son piédestal et le rapproche des préoccupations des citoyens. CÂ’est la fin dÂ’une exception française, qui était dÂ’ailleurs une hypocrisie, selon laquelle le président élu ne gouvernerait pas. Le porteur de la légitimité est celui qui décide. 

 

Au risque de sÂ’user prématurément au lieu de laisser les ministres, et notamment le premier dÂ’entre eux, prendre les coups? 

 

La relation entre Nicolas Sarkozy et François Fillon constitue un retour aux sources de la Ve, puisque le général de Gaulle disait quÂ’il ne saurait y avoir de dyarchie au sommet de l’État. Quant au risque, cÂ’est ce qui fait la différence entre la république et la monarchie. Le président, investi des plus hautes responsabilités, ne peut pas chercher à se préserver, surtout avec un quinquennat qui lie aussi étroitement que possible sa survie politique à celle de sa majorité. Ce phénomène a un revers: lÂ’affaiblissement du Parlement, auquel il faut remédier. LÂ’UMP sÂ’y attelle. 

 

Vous qualifiez de «simple» le style de Nicolas Sarkozy. Que pensez-vous de la polémique sur ses vacances américaines?

 

Il a le droit dÂ’avoir des amis qui lÂ’invitent, et même des amis riches. 

 

LÂ’autre chantier de la rentrée, pour lÂ’UMP, ce sont les municipales. Comment justifier votre stratégie dÂ’ouverture auprès de vos sortants? 

 

En expliquant que cÂ’est la meilleure façon de répondre aux tentatives de rapprochement du PS et du centre de François Bayrou. Grâce à lÂ’ouverture, nous avons déjà gagné Mulhouse. 

 

Et si Jean-Marie Bockel devait affronter une liste UMP? 

 

Je mÂ’emploie à trouver un accord sur le terrain, et cÂ’est en bonne voie. 

 

Et à Paris, comment éviter lÂ’affrontement programmé entre Françoise de Panafieu et Bernard Debré? 

 

Françoise de Panafieu a été élue par les militants, lors de primaires auxquelles Bernard Debré n’a pas participé. On a perdu Paris en 2001 à cause de nos divisions mais, malheureusement, on n’en a pas tiré les leçons! J’appelle chacun à y mettre du sien: il nous faut un leadership incontesté sur Paris, et dans les deux arrondissements où le front de l’UMP est encore dégarni et où le combat sera décisif: le XIIe et le XIVe.

 

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